Comment, aujourd’hui, un groupe de jeunes gens arrivant dans un village plutôt figé et conservateur peut tenter de réinventer l’agriculture, les rapports sociaux, le communautaire, la vie… | Réalisation : Jean-Louis VUILLERMOZ | Montage : | Production : Jean-Michel Variot, Raphaël WIRTH | © Accusés de Productions |
RÉSUMÉ
Comment, aujourd’hui, un groupe de jeunes gens arrivant dans un village plutôt figé et conservateur peut tenter de réinventer l’agriculture, les rapports sociaux, le communautaire, la vie…
INTENTIONS
LA RENCONTRE
J’habite depuis longtemps un village où il ne se passe pas grand-chose, j’aime beaucoup ce calme, même si quelques fois on souhaiterait quand même autre chose. Il y a cinq ans,j’apprends par ouï dire, que dans le village d’à côté, un marché aux légumes est tenu par des jeunes maraîchers récemment installés, des jeunes à Chatillon ? Des maraîchers dans cette région où il gèle jusqu’à mi-mai ? De fin avril à début novembre, tous les vendredis à 18h, ils installent le marché, ouvrent un bar dans une vieille caravane tirée jusqu’à la place de l’église, improvisent des bœufs musicaux, font venir des groupes de la même mouvance, ont l’audace, dans ce milieu assez traditionnel de vivre tous en coloc dans une maison du village. L’été, ils ouvrent un camp le long de la voie verte, animent des ateliers, yoga, prises de parole et autres, et une fois par semaine ouvrent une cantine à prix libre, tout ça est inespéré. Tous les vendredis, si j’oublie d’acheter des carottes, je n’oublie pas de reprendre un demi de bière artisanale.
Et là, sur le bar branlant de la caravane, je fais la rencontre de Juliette, Benoit, le Tof, Thomas, Djivan et les autres.. Le contact est immédiat, chaleureux, à l’opposé de cette approche si prudente fréquente en milieu rural… Je m’inscris comme bénévole au bar, et quelquefois, il a pu arriver dans les nuits d’été, qu’avec eux, je fasse le lien entre la lumière sur leurs visages et celle du jour naissant.
Accueillis à l’époque, en 2020, par une municipalité assez favorable. Le maire aidé de ses adjointes Jeannine et Agnès ont permis l’établissement de cette entreprise inédite avec des locations de terres pour du maraîchage et de l’élevage, (moutons, juments). Dès ledébut la dynamique a été plutôt bien ressentie et ce groupe a très vite impulsé des projetsnouveaux, dans ce village plutôt silencieux jusque-là. Puis la coloc se disperse, Djivan,Thomas, et Juliette s’installent à deux pas de la rivière d’Ain, au lieu-dit le Fahu, unterrain autrefois dédié à un vague projet touristique appelé « Parc des cerfs ». Un bailest signé avec la mairie. Une coloc assez étendue en surface, 6 ha, une ou deux caravanes,quelques tentes en été, encadrent les serres et le bâtiment très rudimentaire où vitJuliette. De l’autre côté de la petite route, Benoit a posé son installation, une remorquede camion transformée en Tiny house, une serre au milieu de la friche de 9 ha du Cross, endirection du lac de Blye, comprenant un verger et une zone humide en cours de restauration.Benoit a aussi trois autres serres sur un terrain, en cours d’achat, au lieu-dit sous l’Haï.