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procès dans l'ancien tribunal de Dole

LE PROCÈS DU LOUP

Le Procès du loup est un documentaire de création sur la relation entre humain et animaux | Réalisation : Pierre-Alexandre CAVÉ | Montage :  | Production : Jean-Michel Variot, Raphaël WIRTH | © Accusés de Productions | A obtenu l’aide au développement de la région Bourgogne-Franche-Comté

 

RÉSUMÉ

Dans l’ancienne salle d’audience du tribunal de Dole s’ouvre un procès singulier où le loup est accusé de troubler l’harmonie entre l’homme et la nature.

Scientifiques, naturalistes et historiens sont appelés à la barre pour témoigner. Leurs interventions apportent un éclairage pédagogique. À l’extérieur, des éleveurs de bovins sont filmés chez eux, au travail et donnent à voir ce que signifie, concrètement et quotidiennement, vivre et travailler avec le prédateur.

Les deux espaces dialoguent en permanence. Une parole entendue à la barre trouve un écho sur le terrain ; une expérience vécue sur une exploitation devient une pièce versée au dossier.

Le Procès du Loup s’inscrit dans le temps long de la connaissance, il nous permet d’apprendre ce qu’est réellement le loup, de comprendre le conflit avec l’élevage, et de comparer les solutions expérimentées sur le terrain.

INTENTIONS

Le procès pour ouvrir le débat

 

Le retour du loup dans le Jura a bouleversé les équilibres agricoles et émotionnels. Les tensions qu’il provoque font régulièrement la “une” des journaux opposant les pros-loups aux anti-loups. Face à ces tensions, le gouvernement Français et l’Europe ont récemment assoupli les mesures de protection de l’animal, autorisant d’avantage d’abattages pour répondre aux inquiétudes du monde agricole. Cette mesure a été bruyamment applaudie, pourtant je sens que ce vacarme dissimule une détresse.

J’ai donc imaginé un procès ou chacun pourrait s’exprimer autour du prédateur. L’idée s’inspire d’une tradition historique étonnante : au Moyen Âge, des animaux étaient parfois traduits en justice pour les dégâts qu’ils causaient aux communautés humaines. Ces rituels publics n’avaient rien d’absurde, ils permettaient à la société d’exprimer ses peurs, de désigner un responsable et d’en débattre collectivement.

À travers ce Procès, je propose un cadre où les tensions peuvent être formulées et les personnages concernés peuvent s’exprimer. L’enceinte du tribunal est un lieu singulier, c’est un espace d’écoute entre ceux qui s’opposent. C’est précisément le lieu de la violence contenue : on y parle. Sa forme oblige à préciser sa pensée et donne à entendre la complexité de chaque position.

L’enjeu de ce procès n’est pas d’opposer mais d’instruire le dossier du loup pour produire une connaissance commune.

Le film suivra la progression suivante :
APPRENDRE comment s’est déroulé le retour du loup sur le territoire.
Le phénomène, sa dynamique, sa particularité.

COMPRENDRE le conflit.
Mesurer l’impact concret de la présence du loup sur le territoire. Les nuits sans sommeil, la colère, les procédures.

COMPARER les pistes possibles.
Les solutions envisagées, le pragmatisme local, les limites et les impasses. 

 

la connaissance pour désamorcer le conflit

 

Au fil des audiences, le film fait progressivement apparaître des connaissances complémentaires.

Des connaissances scientifiques
Les experts éclairent le spectateur sur le comportement du loup, ses dynamiques de meute, ses déplacements, les réalités de la prédation. Ils précisent ce que l’on sait et ce que l’on ignore encore. Leur parole donne un cadre solide à la compréhension du phénomène.

Des savoirs empiriques
Le film révèle la diversité des exploitations bovines du Jura. Toutes font face au loup, mais aucune ne lui répond de la même manière : topographie, taille du troupeau, organisation du travail, isolement, traditions familiales… chaque ferme expose une configuration singulière, et donc une problématique différente.

Le film montre comment les acteurs du territoire cherchent, expérimentent, échangent. Certains dispositifs fonctionnent, d’autres échouent. Les solutions inventées sont toutes différentes. Le spectateur comprend que la cohabitation ne repose pas sur une solution miracle, mais sur une volonté, une multitude de tentatives, modestes et pragmatiques.

Le film place côte à côte la parole des éleveurs et celle des experts, afin d’observer leur continuité, leur cohérence ou leur dissonance.

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